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AMAP des Lapereaux des Thermopyles : premiers pas solidaires très prometteurs

Paris 14e
Créée par Jérôme Dehondt en septembre 2006, l'AMAP (Association pour le Maintien d'une Agriculture Paysanne) des Lapereaux des Thermopyles compte 90 adhérents répartis en 62 paniers. Située dans le 14e arrondissement de Paris, deux lieux de distribution lui sont attribués : dans le quartier Pernety (14e nord) au Château Ouvrier et dans le quartier Porte de Vanves (14e sud), dans les locaux encore provisoires de l'association LAC (lien - animation - culture).
Le choix du lieu est un élément clé dans le fonctionnement de l'AMAP qui ne se contente pas de la seule fonction de point de distribution, mais le considère comme un outil permettant la création de liens solidaires dans le quartier et le renforcement de la cohésion sociale : pour la partie nord de l'AMAP par exemple, le Château Ouvrier est un lieu où foisonnent les activités.
Pour la partie sud de l'arrondissement, le quartier Porte de Vanves, quelques initiatives sont déjà prises et beaucoup sont à venir dans ce quartier à la population très mélangée, territoire d'action idéal.
L'AMAP des Lapereaux des Thermopyles est associée avec un producteur Seine-et-Marnais se trouvant à Cossigny, Jacques Frings, et installé depuis déjà plusieurs années. Il possède une exploitation agricole diversifiée : des vergers, une biocoop, une production de jus de pomme et de cidre, la production de blé pour le pain bio, une ferme pédagogique s'ajoutent à l'activité de maraîchage à destination des AMAP. Engagé déjà avec une AMAP de son département (Ozoir), Jacques a deux agriculteurs salariés qui travaillent sur son exploitation.
La définition du prix du panier n'a donc pas suivi les principes de la charte des AMAP (dont le but est d'assurer un juste revenu à l'agriculteur) qui est de calculer les charges et revenus annuels du producteur puis de diviser la somme en nombre de paniers : Jérôme Dehondt s'est basé sur les prix des paniers pratiqués à Paris, et s'est calé dessus pour en fixer plus ou moins arbitrairement le prix à 15 euros après avoir sondé les futurs consom'acteurs (qui considèrent ce prix comme raisonnable pour un panier de légumes bio par semaine).

La mise en place de l'AMAP, dès le début, s'est faite en étroite coopération avec l'association LAC, qui s'occuperait de la gestion et l'animation du nouveau centre social du secteur Porte de Vanves dont l'ouverture est prévue fin 2007.
L'objectif principal de cette coopération est de placer l'AMAP au coeur du quartier afin de créer une dynamique pédagogique et communiquer autour des bienfaits de l'alimentation biologique et de ce mode de consommation particulier.
Pour Jérôme la dimension pédagogique doit être prioritaire : en effet, selon son expérience, il est très difficile de sensibiliser les populations défavorisées à la consommation responsable et à l'alimentation biologique malgré les avantages qu'elles présentent (économie, santé, environnement, lien social...). En effet, les moyens limités et le contexte plus difficile dans lequel vivent ces populations retardent le développement de saines habitudes alimentaires. C'est pourquoi l'AMAP a mis en place, dès son ouverture, un système de paniers solidaires.

Les paniers solidaires

Jérôme avait communiqué son désir d'ouvrir ce mode de consommation à toute la population du quartier, « et pas seulement aux bobos », en demandant aux familles qui le souhaitent et qui le peuvent soit de payer 1 euros plus cher chaque panier, soit de contribuer en début de saison à la constitution d'un fond de solidarité. 100 % des AMAPiens se sont exprimés d'une seule et même voix, et ainsi 2,5 paniers solidaires ont été sont mis en place.

Un des paniers est attribué au quartier Pernety où il offert au café associatif « le Moulin à Café » (se trouvant au Château Ouvrier), ce qui permet de réduire le coût des plats servis, le restant étant distribué par le directeur de l'association LAC en personne aux habitants du quartier Porte de Vanves qui se trouvent en difficulté financière.
Projets pour l'avenir, il n'en manque pas ! L'AMAP est encore très jeune (elle démarre sa première « vraie » saison), le centre social n'est pas encore ouvert, mais les idées de coopération foisonnent. Après l'ouverture du centre, la distribution hebdomadaire de l'AMAP se fera donc dans ses locaux, un lieu central qui lui donnera une occasion de s'enraciner au coeur du quartier et incitera ainsi la population à rejoindre le groupe. La présence d'une cuisine, par exemple, permettra la mise en place d'ateliers avec un aspect pédagogique sur l'alimentation bio, la nutrition saine avec les légumes, de nouvelles saveurs et la joie, tout simplement, de cuisiner. Tous ces aspects contribuent à renforcer l'idée que l'alimentation naturelle et biologique ne doit pas rester un privilège des personnes aisées, mais peut être accessible à tous. SOL engagement pour créer un lien entre jeunes du quartier et personnes isolées Actuellement, avec le directeur de l'association LAC se déplaçant pour distribuer le 1,5 panier solidaire aux personnes démunies du quartier, la dimension d'assistanat reste très présente. Pour remédier à ce problème, Jérôme est en train de mettre en place un système basé sur le SOL engagement (monnaie d'échange permettant, à l'aide d'une carte à puce, de comptabiliser des heures de bénévolat et les créditer sous forme de SOL sur la carte, qui peuvent être ensuite dépensés dans des dispositif sportifs et culturels municipaux comme la piscine, le théâtre ou le cinéma) Par ce biais il souhaite mobiliser les jeunes désoeuvrés du quartier ; ces derniers peuvent effectivement prendre part à l'intégration des personnes isolées en allant les chercher à leur domicile et les amener sur le lieu de distribution : en plus de bénéficier des légumes, elles rencontrent les AMAPiens et sortent de leur isolement. En retour, les jeunes en question bénéficient des SOLs crédités sur la carte. Paniers solidaires permanents, à venir Afin de favoriser la notion de partenariat et d'inclusion sociale, Jérôme souhaite instaurer pour la prochaine saison un système de paniers solidaires subventionné suivant le modèle de « La Courgette Solidaire » aux Lilas (93). Certaines difficultés restent pourtant inhérentes à cette initiative, d'aspect si utopique : d'abord, comment déterminer quelles sont les familles éligibles à ce système, et surtout comment leur faire passer le message de l'importance d'une nourriture saine ? L'expérience de La Courgette Solidaire, qui a lancé ce système cette saison, avec 6 paniers solidaires permanents et 3 paniers solidaires intermittents réservés chaque semaine illustre bien ce propos : les familles éligibles ne voient pas forcément l'intérêt de manger des légumes, et surtout pas du bio C'est bien pour cette raison qu'on en revient à la priorité de Jérôme : la pédagogie puis la démonstration : l'installation de l'AMAP au centre social va aider en ce sens. Les jardins partagés Dans le même ordre d'idées, une autre activité pédagogique prévue en partenariat avec LAC est la mise en place de jardins partagés, à savoir un espace public mis à la disposition d'une association qui s'engage à le faire cultiver par ses adhérents, de façon collective ou individuelle, chacun choisissant dans ce cas les plantes et le mode de culture. En contrepartie, des engagements sont pris par l'association : l'ouverture du jardin partagé au public selon un rythme régulier dans un but pédagogique et social, la limitation de l'utilisation de produits de synthèse dans un but environnemental etc. Plusieurs immeubles dans le quartier de la porte de Vanves se prêtent à cette activité : un partenariat sera mis en place avec l'OPAC pour bénéficier des espaces et ensuite ramener le nécessaire : la terre, l'eau mais aussi, sur un plan plus scientifique, les connaissances. Des liens se créent ainsi entre les habitants du quartier qui cultivent leur potager côte à côte : la dimension sociale est très présente et propice à l'organisation d'événements. Pour J. D. c'est une façon de sensibiliser le grand public à une consommation responsable (durable) et commencer à la « banaliser » et l'essaimer au maximum.
Les limites et les solutions Alors que l'AMAP des Lapereaux des Thermopyles souhaite s'élargir et pouvoir intégrer des nouvelles familles, son producteur J. Frings risque d'arrêter le partenariat la saison prochaine en raison d'une charge de travail trop importante. Seul moyen pour y pallier : la recherche d'un ou plusieurs producteur(s). La ressource : La Ferme de Coubron (dans le 93), projet d'une couveuse d'activités agricoles (maraîchage bio, valorisation de déchets de bois, compostage naturel...) lancé par l'Agence des Espaces Verts en partenariat avec le réseau AMAP-IdF. De jeunes maraîchers pourraient ainsi démarrer une activité tout en bénéficiant d'un soutien technique et des avantages du travail en équipe. Un autre débat porte sur les problèmes et limites dans le système AMAP tel que définis dans la charte . Une démarche trop idéaliste risque de devenir, selon J.D., un frein au maintien d'une agriculture paysanne en Ile-de-France et certains principes ne sont pas applicables à la lettre. Ainsi le calcul du prix du panier : la considération des dépenses et revenus de l'agriculteur tel que les définit la charte doit être accompagnée d'une prise en compte des prix et fluctuations du marché afin de rester « raisonnable » aux yeux des consommateurs. L'équilibre est parfois difficile à trouver. Pour J.D., il faut se mettre à la portée du grand public, et, pour cela, l'objectif à atteindre justifie les moyens : un travail pédagogique important accompagné d'un effort au niveau des quantités et des prix. Selon lui, le modèle des AMAP demande un engagement militant que tous les consommateurs ne peuvent forcément assurer : accepter le rythme régulier des distribution ou les aléas (climatiques , naturels et autres) pouvant affecter le contenu du panier.
Contact : Jérôme Dehondt
Téléphone : +33 (0)1 77 13
E-mail :
Site internet : http://lapereaux.ke0.eu/index.php
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