Le Petit NEY : un quartier, un lieu de vie
Paris 18e
Le XVIIIe arrondissement fut créé sur les territoires de deux très anciennes paroisses des environs de Paris, celle de Montmartre et celle de La Chapelle, devenues des communes en 1790. Au 1er janvier 1860, elles furent remplacées par le XVIIIe arrondissement de Paris, l'un des plus importants par sa superficie - 600 hectares - et l'un des plus peuplés aujourd'hui avec 210 000 habitants. Il comprend quatre quartiers : "Grandes Carrières", "Clignancourt", "La Goutte d'Or" et "La Chapelle".
Le quartier « Clignancourt », appelé maintenant « Porte de Montmartre - Porte de Clignancourt », situé entre le boulevard périphérique et les boulevards des Maréchaux, est composé principalement d'immeubles en briques rouges, vestiges des anciens HBM (Habitations Bon Marché, ancêtres de nos HLM actuels) mis à la disposition des foyers modestes et populaires de la capitale. Classé en Politique de la Ville en 1995, c'est un quartier qui connaît certaines difficultés en termes de situation socio-économique, culturelle et éducative.
Le terme de "Politique de la ville" -à ne pas confondre avec la politique menée par la Ville (de Paris)- désigne un dispositif particulier qui vise à requalifier certains quartiers, ceux qui connaissent des difficultés du point de vue de l'habitat, de la situation socio-économique, éducative, culturelle ou de l'environnement.
Le 18e compte 3 quartiers classés en Politique de la ville, au nord et à l'est de l'arrondissement : la Porte Montmartre - Porte de Clignancourt, la Goutte d'Or, la Chapelle - Porte d'Aubervilliers. Leur situation justifie qu'ils bénéficient de plus de moyens financiers et humains, ainsi que d'une mobilisation conjointe des différents acteurs : l'Etat, la Ville et l'arrondissement, la Région, les institutions et services publics, les associations, les habitants, mais également les entreprises.
L'enjeu est de taille : il s'agit de la reconquête sociale et urbaine d'espaces délaissés depuis très longtemps, considérés en marge de la cité.
(source : www.mairie18.paris.fr)
En 1994, un certain nombre des habitants du quartier s'associent pour publier un journal mensuel, Le Petit Ney, pour la modique somme de 2 francs, qui suffit juste à assurer les coûts d'impression. Le journal gagne vite en visibilité et joue un rôle important dans la création de liens : la recherche d'information pousse les reporters amateurs à s'intéresser aux activités et événements et à se rapprocher des personnes du quartier.
Avec le classement du quartier en Politique de la Ville, l'association a l'espoir de recevoir des subventions et, par là même, l'envie de matérialiser ces liens en s'installant dans un lieu.
L'équipe présente un projet de café associatif à la ville de Paris, désirant bénéficier d'un soutien financier tout en préservant la gestion du lieu par les habitants, chose qui était difficile à faire passer, la Mairie de Paris ayant coutume de garder un pouvoir de décision et d'action sur les projets dans le cadre des Politiques de la Ville. Trois ans de négociations et de peaufinement du projet aboutissent finalement en mars 1999 à l'ouverture du café culturel associatif Le Petit Ney, avenue de la Porte de Montmartre.
Avec une vocation d'abord culturelle, le Petit Ney devient vite un lieu central du quartier où l'on peut se restaurer à midi, participer à divers ateliers, et profiter des événements du week-end.
Le Petit Ney : un point de rencontres et un lieu d'activités qui favorise le lien social par la culture, crée de l'emploi et sensibilise à la consommation responsable.
Le lieu, comme le journal, est géré par l'association des habitants du quartier. Si avant, tous étaient bénévoles, le Petit Ney emploie maintenant 7 salariés.
Ouvert du mardi au dimanche, le Petit Ney propose un service de restauration familiale tous les midis : la cuisine s'approvisionne exclusivement chez les commerçants du quartier, les boissons sont issues du commerce équitable (le Petit Ney ne sert pas d'alcool). Le café a aussi récemment ouvert un espace de vente de produits issus du commerce équitable.
Les week-ends ont lieu diverses manifestation culturelles : soirées de lecture, théâtre, concerts sont au programme, et dans la plupart des cas ouverts librement à tous, parfois moyennant un modeste prix d'entrée.
Des activités régulières sont organisées par les riverains : la réunion mensuelle de l'équipe de rédaction du journal Le Petit Ney est ouverte à tous, un espace ludothèque avec des jeux pour tous les âges est à disposition chaque jour pendant les heures d'ouverture (les enfants doivent être accompagnés d'un adulte). Plusieurs ateliers sont proposés, le programme évoluant en fonction des disponibilités des animateurs et de la demande du public.
Les livres, c'est bon pour les bébés ! (Activité destinée aux tout petits avec leur parents), L'heure du livre pour enfants (lecture de livres aux enfants de 4 à 12 ans), Atelier d'écriture, Atelier d'écriture SLAM et scène ouverte, Atelier couture stylisme, Atelier de cuisine...
Le lieu est ainsi devenu un point de rencontre incontournable. Des groupes d'habitants ou des associations ayant besoin de se réunir peuvent le faire au café qui a ses portes ouvertes à tous. Avec une fréquentation d'environ 5000 personnes par an, ce sont essentiellement les habitants du quartier qui font vivre le lieu en semaine, relevés par des pèlerins venus des quatre coins de l'Ile-de-France pour profiter des manifestations les week-ends.
Le Petit Ney a donc trouvé sa vraie vocation : créer des liens intergénérationnels par le biais de la culture et de la rencontre de proximité, le tout dans un cadre solidaire et responsable, tant au niveau de sa démarche que des valeurs qu'il défend.