Le PariSolidaire rapproche les générations
Ile-de-France, France, Espagne
Pour répondre à la pénurie de logements concernant les étudiants et à l'isolement des personnes âgées, Aude Messéan et Bénédicte Laplace-Chatin créent, en 2004, Le Parisolidaire (Association Loi 1901). Inspirée d'une expérience réussie en Espagne "Vivir y convivir" (Vivre et vivre avec) depuis 1997, l'initiative s'est d'abord développée à Paris avant de s'étendre à d'autres villes françaises.
L'idée est simple: mettre en relation des jeunes à la recherche d'un logement et des seniors désireux de compagnie, de partage des tâches de la vie quotidienne ou d'un complément de revenus.
Le senior met à disposition de l'étudiant une chambre, soit gratuitement en échange d'une simple présence ou d'un partage des tâches, soit contre une participation financière. L'association se charge de définir les attentes de chacun et de mettre en contact les deux parties concernées ; elle assure le suivi de la colocation. Une cotisation annuelle (par année universitaire) est demandée aux étudiants (300 euros pour une chambre gratuite, 150 euros en cas de loyer) et aux personnes âgées (120 euros).
Attention ! L'étudiant n'est pas là pour remplacer une assistante de vie ou une infirmière, mais juste pour tenir compagnie ou rendre quelques petits services. Les premiers "couples" ont été formés en septembre 2004. Depuis, l'initiative se développe dans une vingtaine de villes françaises.
A Paris, ville étudiante par excellence, 130 chambres sont en activité depuis janvier 2007. Et depuis 2004 (année de création de l'association), 250 seniors ont accueilli 400 étudiants (sur 1 200 inscrits). Le taux de renouvellement d'une année sur l'autre est faible du fait que l'association voit son initiative comme un tremplin pour le jeune avant de trouver un logement autonome, et non pas une solution pérenne. De plus, 20 à 30 % des personnes âgées sont refusées, souvent pour cause de logement non conforme : il faut que l'étudiant ait sa chambre, que la personne âgée ait un minimum d'autonomie.
L'association joue un rôle actif de mise en relation : l'équipe du PariSolidaire définit les profils des candidats : outre les attentes des adhérents (présence conviviale, veille passive, partage des tâches ou complément de revenus), la vérification des conditions d'hébergement, elle s'attache à identifier les partenariats "idéals" en fonction des personnalités : un entretien vient dans tous les cas compléter l'inscription par questionnaire. Il va de soi que le succès d'une cohabitation harmonieuse dépend essentiellement de la sélection des candidats et de la compatibilité du futur « couple ».
Ainsi, l'association a créé une charte de convivialité. Elle propose à ses membres d'en prendre connaissance et d'y adhérer. Elle applique dans sa démarche les méthodes de travail du monde de l'entreprise avec les mêmes impératifs de rigueur et de réussite, tout en gardant la disponibilité et l'écoute du monde associatif libre de toutes contraintes de rentabilité.
Mme R., 80 ans, ne voulait pas rester seule chez elle mais refusait l'idée d'une dame de compagnie « qu'elle aurait sur le dos sans arrêt » ; elle cherchait quelqu'un pour lui rendre quelques petits services, (courses, poste, banque..) et qui apporterait par sa présence un peu de vie chez elle '
Mme K., 70 ans, dispose d'une chambre avec salle d'eau indépendante chez elle ; elle est très active, entourée par sa famille, enfants et petits enfants et n'a pas vraiment besoin de complément de revenus. Elle a pourtant proposé sa chambre, pour rendre service à un étudiant avec une demande un peu spéciale : si on pouvait lui monter comment se servir d'un ordinateur !
Autant d'exemples qui attestent de la réussite incontestable du PariSolidaire qui, par son action, participe au développement des relations intergénérationnelles en favorisant le dialogue et la solidarité entre toutes les tranches d'âge, dans un esprit de tolérance et de compréhension mutuelle.